TOUT SE TIENT - 2
de Gethsémani à la Resurrection

 

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Mes amis, hier je vous disais: "Jésus-Christ est une unique personne; pourtant Il décide comme Dieu, mais souffre comme un homme. Comment comprendre un tel mystère?" L'Agonie de Jésus à Gethsémani est incontestablement pour nous l'un des plus grands mystères concernant notre Rédempteur. Certes, le salut de l'humanité devait se faire par un homme possédant toutes les qualités humaines, mais aussi affligé par tout ce qui fait souffrir l'homme qui s'est séparé de Dieu, c'est-à-dire la souffrance sous toutes ses formes. C'est donc un homme qui devait rétablir les liens rompus avec Dieu, donc, c'est l'humanité de Jésus qui devait nous sauver. Mais Jésus est une unique personne, totalement unifiée en elle-même bien qu'elle soit à la fois Dieu et homme; et le fait de voir Jésus, à Gethsémani et bientôt sur la croix, souffrant comme un homme ordinaire, sa divinité lui faisant "comme" défaut, cela nous bouleverse.

Contemplons Jésus à Gethsémani et unissons-nous à ses souffrances. Comme l'ont fait bien des saints, essayons de "Le consoler". Mais notre intelligence peine à vouloir comprendre l'incompréhensible. Parfois même,  les souffrances de l'Église actuelle tellement persécutée nous font revivre l'Agonie de Jésus. Oui, à Gethsémani Jésus a "vu" toutes les fautes, les péchés, les déviations et les souffrances de son Église. Il a même appelé le Père tant ses souffrances étaient insupportables. Pourquoi, sa divinité l'avait-elle apparemment quitté? Mais non sa divinité ne l'avait pas quitté, mais seule son humanité devait souffrir. Difficile à comprendre. Jésus appelle le Père: "Père, que ce calice passe loin de Moi!" Et immédiatement Jésus se reprend: "Mais que ta volonté soit faite!" Pourtant, le Père envoie son Ange; l'Ange envoyé par le Père fortifie l'humanité de Jésus, et Jésus, Dieu et Homme à la fois, Jésus pourra aller vers sa Passion. 

Tout cela est très abstrait et très difficile à exprimer. Mais dès que nous entrons dans le concret, dès que nous nous apercevons que peut-être Jésus veut nous associer à son Agonie, alors, les choses changent. C'est nous, c'est chacun de nous qui crions vers Dieu et qui crions: "Non! Père! Pas ça!" Voir toutes les persécutions subies par l'Église du passé, c'est dur, mais constater que ces persécutions recommencent de plus belle, découvrir que des milliers, voire des millions de chrétiens sont torturés et conduits à la mort, c'est plus que douloureux.  

Mais il y a bien pire: car constater que souvent c'est notre Église, par quelques-uns de ses chefs, qui s'autodétruit, cela c'est insupportable. C'est vrai, nous ne pouvons plus supporter ces reniements, toutes les lâchetés de certains de nos responsables ainsi que l'immoralité de tant de nos dirigeants. Et l'immoralité ambiante est encore plus difficile à supporter lorsque ce sont des prêtres ou des religieux qui la commettent… Cela est d'autant plus dur que ces quelques rares exemples sont souvent montés en épingle et utilisés pour démolir l'Église, les médias y ajoutant même des calomnies. Nous vivons dans le satanique permanent. Alors nous hurlons à Dieu notre douleur et associés à Jésus, nous appelons au secours. Et parfois Dieu vient nous aider. 

Je dis que parfois Dieu nous aide. En réalité Il nous aide toujours, mais parfois Dieu se fait plus "sensible". Ainsi, un soir, il y a déjà plusieurs mois, une émission de KTO rapporta des propos d'un prêtre. Ce prêtre avouait qu'il avait été pendant longtemps "jaloux" de la Sainte Vierge. Elle, elle était immaculée; donc cela lui était bien plus facile de supporter les souffrances. Jusqu'au jour où il comprit que, au pied de la Croix, après la mort de Jésus, toute l'Annonciation s'était pour elle, écroulée. Elle aussi, vivait alors la détresse extrême, son Gethsémani effroyable mettant toute sa foi à l'épreuve terrible de la mort de Dieu. Ce prêtre ajoutait que ces souffrances de Marie étaient pour nous incompréhensibles, mais qu'elles pouvaient, aujourd'hui, nous aider à sortir parfois de nos ténèbres, non seulement intérieures, mais aussi extérieures, car causées par ce qui a été  vécu par Jésus Lui-même: les persécutions subies par son Église. 

Aujourd'hui, nos ténèbres extérieures sont très épaisses et notre cœur, presque malgré lui, est obligé de se poser de redoutables questions: que va devenir notre Église? La foi va-t-elle renaître dans notre monde possédé par Satan? Si nous nous tournons vers Marie, nous retrouvons un peu d'espérance. Regardons Marie. Elle est au pied de la Croix. Elle est écrasée de douleur, elle, la sans tache. Et soudain nous comprenons pourquoi ce sont ceux qui sont les plus purs qui souffrent le plus. Marie Immaculée, sans péché, devait être associée à la Passion de son Fils. Sa souffrance du Samedi Saint fut immense car la Résurrection de Jésus n'était encore pour elle, comme pour les apôtres, qu'une espérance. 

Penser aux choses de Dieu est toujours très difficile et encore plus difficile à exprimer. Penser aux souffrances de Marie est également très douloureux. Nous ne comprenons pas, et nous ne savons que dire: mais pourquoi? Jésus, quand Il vivait avec ses apôtres connaissait nos cœurs, aussi a-t-il souvent utilisé des paraboles pour nous faire comprendre les façons de faire de Dieu qui remet toujours tout dans sa plénitude et dans l'unité de la création. Car Dieu est Un et la création venant de Dieu est également une. Quand quelqu'un pèche, la création tout entière est blessée. Jésus et Marie ont été associés pour la réparer, mais que de douleurs ils ont dû endurer! 

Le Troisième Jour, Jésus est ressuscité: c'est notre foi, et c'est aussi notre véritable espérance. C'est notre foi, oui, mais ce fut une réalité pour tous ceux qui L'ont entendu, touché et revu vivant après sa Résurrection. La Vierge Marie a vu son Fils ressuscité, celui-là même qu'elle avait tenu mort et défiguré entre ses mains; après être devenue la Mère de l'Église au pied de la Croix, puis en vivant avec les apôtres et en leur racontant la naissance et la vie privée de Jésus, Marie devint comme une des sources de l'Évangile. Puis, après sa mort qui ne fut qu'un bref sommeil, Marie lors de son Assomption, est montée aux cieux avec son corps et son âme. Là elle retrouva son Fils Jésus et fut couronnée par Lui Reine du monde, Reine de toute la création. Mystère insondable, mais la force de Marie, c'est aussi notre espérance.  

Tout se tient dans notre foi et notre espérance: Dieu crée, Il façonne les hommes et en fait des êtres "très bons" malgré leur extrême petitesse au sein de la création, et toutes leurs faiblesses. Mais Dieu destine tous les hommes à construire le Corps mystique de son Verbe, c'est toujours notre espérance, malgré les efforts insensés de Lucifer, efforts que nous savons vains malgré leur puissance et leurs succès trop apparents. Lucifer est vaincu, cela aussi fait partie de notre foi, et la défaite de Satan est toujours notre espérance. Christ est ressuscité! Marie est montée aux cieux! Nous ressusciterons et notre serons éternellement dans l'Amour qu'est Dieu. Décidément, tout se tient dans la révélation!

Paulette Leblanc – Novembre 2014.

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