TOUT SE TIENT - 1
en contemplant Jésus

 

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Dieu, notre Père, Dieu Créateur est aussi Amour. En conséquence, Dieu UN et Amour est aussi trois Personnes: le Père, qui créé par son Verbe, sa Parole, son Fils, aime ce Fils unique, et le Fils aime le Père. Cet amour entre le Père et le Fils, ce lien d'amour qui unit le Père et le Fils, c'est le Saint-Esprit.

Nous disons chaque jour: "Notre Père, qui êtes aux cieux…" Aux cieux? Quels cieux? En réalité, Dieu n'est pas "aux cieux". Dieu est en dehors de toute la création qu'Il tient en Lui, dans sa grande main. Ceci, bien sûr, est une image pour nous faire un peu comprendre Dieu et sa création; mais en réalité, nous ne savons rien de Dieu, sinon qu'Il continue à créer, qu'Il nous crée constamment, sinon, nous retournerions… à quoi? Au néant? En Dieu? Mais comment? Nous ne savons rien. Nous savons seulement que Dieu est un Dieu personnel, une Personne vivante, qui nous aime individuellement, car Il nous a façonnés un par un, nous faisant à son image. Nous disons: "Notre Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié…" Nous disons "Notre Père" car c'est Dieu qui nous crée, nous sommes tous ses créatures, ses enfants, et nous savons que c'est nous qui devons rendre gloire à Dieu en nous sanctifiant en Dieu, en faisant sa volonté, en suivant sa Loi d'amour. C'est en nous sanctifiant que Dieu est sanctifié en nous. C'est lorsque nous sommes vraiment des saints que le Nom de Dieu est sanctifié. D'où la nécessité absolue: "que la Volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au Ciel." Que la volonté de Dieu soit faite par tous les hommes; alors, conséquence inévitable, le Règne de Dieu viendra, le Règne de Dieu sera là. 

Décidément tout se tient avec une logique implacable et un équilibre parfait. Malheureusement, il y eut le péché qui déséquilibra toute la création en bousculant la Loi de Dieu, donc le mode de fonctionnement de la création tout entière. Ce déséquilibre est la cause du malheur des hommes; il est aussi, "la tristesse" de Dieu, car Celui qui aime est triste quand il n'est pas payé de retour. Dieu, affecté par le manque d'amour des hommes, leur promit donc un Sauveur qui prendrait sur lui tous les péchés des hommes: ce fut "L'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde." Mystère d'amour insondable! Dieu, incréé se fait créature pour sauver des hommes dont certains le rejetteront. C'est alors que nous abordons la Passion de Jésus, Parole de Dieu Incarnée; c'est alors que nous contemplons l'Agonie de Jésus, agonie de Dieu-Incarné amoureux des hommes et mourant pour leur salut. 

L'Agonie de Jésus. Comment ne pas la vivre lorsque l'on est obligé de vivre les conséquences de ce qui se passe aujourd'hui dans notre monde? Nous constatons un nouveau rejet du Christ qui est toujours persécuté à travers ses disciples; et les persécutions, de plus en plus violentes, sont sans cesse renouvelées. Pourtant le péché conduit toujours à la ruine, et l'humanité en sait quelque chose, avec les famines, souvent provoquées volontairement par d'autres hommes, avec les guerres, les fausses éducations des enfants, les haines, les dépravations de toutes sortes, les corruptions, etc… Et surtout, ce qui domine aujourd'hui partout, le péché initial, cause du péché des hommes et de la misère humaine, le mensonge. 

Jésus savait que l'abandon, par les hommes, de la Loi de Dieu provoquerait d'immenses désastres et d'immenses famines physiques mais surtout spirituelles; d'où la fin du Notre Père qui implore Dieu de nous donner notre pain quotidien, certes, le matériel, mais aussi et surtout le pain spirituel. 

Jésus est l'Agneau de Dieu. Jésus, vrai homme, souffre comme un homme. Pourtant, sa volonté divine avait, avant l'Incarnation, choisi avec le Père, au sein de la Trinité, tout ce qui devait se décider pour Lui, sur la terre des hommes. Donc, Jésus-Christ, unique personne, décide comme Dieu, mais souffre comme homme. Comment comprendre un tel mystère? 

Revenons d'abord à ce qu'est un homme, créature de Dieu. Si nous contemplons les hommes, nous constatons qu'en chaque personne il y a un être physique et psychologique, et un être spirituel. Tous les hommes connaissent ce dilemme: mon cœur qui aime Dieu, mon cœur lié à mon intelligence veut rendre gloire à Dieu, veut faire sa volonté quelle qu'elle soit, mon cœur veut être bon, généreux, mon cœur veut prier, rendre grâce, oui, mais voilà… Soudain je me mets à raisonner faussement: dois-je vraiment le faire? Je suis si démuni matériellement, si pauvre… dois-je encore me priver de quelque chose? Oui, je dois prier, mais vraiment je n'ai pas le temps, et je n'ai pas la force… alors je laisse tomber ce que mon cœur me demandait.  

Parfois, quand même, j'accepte ce que Dieu me demande; malgré la gêne ou la souffrance, je ferai ce que mon cœur et mon intelligence me dicteront… Mais soudain c'est l'angoisse, une terrible angoisse et je suis sur le point d'abandonner, et je crie vers Dieu, pour qu'Il calme mes souffrances… Et soudain, voici que je comprends que c'est cela que Jésus a vécu à Gethsémani, mais à une échelle infiniment supérieure à la nôtre, d'où son agonie. Jésus-homme, submergé par l'angoisse s'écrie: "Père, que ce calice passe loin de Moi!" Et quelques minutes plus tard, Jésus-homme soutenu par Jésus-Dieu qui se souvient de sa décision prise au sein de la Trinité s'écrie: "Mais que ta volonté se fasse." Et Jésus, réconforté par l'Ange, part vers sa Passion… 

Toutes proportions gardées, n'en est-il pas ainsi pour tous les hommes. Si nous choisissons les inspirations de Dieu, nous aboutissons à un équilibre surprenant, et notre vie devient prière constante et force. N'est-ce pas la mystique que tous les hommes devraient retrouver, car elle est, en réalité, l'équilibre parfait de l'homme qui a mis en œuvre la Loi de Dieu. Jésus qui fut d'abord un travailleur charpentier pendant sa vie privée, devint, tout au long de sa vie publique, un homme extrêmement actif. Pourtant Jésus est le plus grand et le modèle de tous les mystiques:

– Il vivait comme tous les hommes, connaissant la joie, l'amour, la peur, les souffrances, mais,

– Il pensait comme Dieu, puisqu'Il est Dieu et

– Il obéissait toujours à Dieu, son Père. 

Contemplant ainsi Jésus comme nous sommes en train de le faire en ce moment, il paraît évident que nous ne devrions plus mépriser ceux que l'on appelle les mystiques, bien au contraire. Toutefois, et afin d'éviter tout malentendu, nous allons maintenant préciser ce qu'est un vrai mystique, le mystique que nous devrions tous être.

Tout d'abord, nous devons noter que tous les hommes qui prient, qui prennent du temps pour le Seigneur, sont des mystiques. En effet, être mystique, cela ne signifie pas avoir des visions extraordinaires ou des révélations étonnantes, et cela pour plusieurs raisons: 

– Ceux qui ont des visions sont très rares. Et les visions que ces personnes disent recevoir ont pour but essentiel de transmettre des messages ou d'inciter le visionnaire à entreprendre des missions difficiles.

– Les révélations sont très rares elles aussi. Leur but est souvent lié à des nécessités d'enseignement ou de formation. Généralement les personnes qui reçoivent des révélations doivent les écrire, ou les faire écrire si elles les dictent.

– Enfin d'autres personnes reçoivent des grâces très particulières: elles ont en même temps des visions et des révélations. Elles doivent tout écrire, car le but de ces grâces est d'affermir la foi des fidèles, ou parfois de donner des orientations spirituelles à des mondes déboussolés par des événements très douloureux ou dirigés vers l'athéisme. On peut citer particulièrement Anne-Catherine Emmerich et Maria Valtorta. Mais il faut remarquer que ces révélations sont toujours offertes à des personnes très humbles, souvent éprouvées physiquement, mais toujours très unies à Dieu dans la prière, l'oraison et la contemplation.  

Maintenant, essayons de résumer: j'aime le Seigneur et je cherche à Le retrouver: donc je prie et je médite; c'est donc mon intelligence qui travaille. Or, c'est parce que j'ai la foi que je peux réfléchir sur Dieu, conduire ma pensée, comprendre la nature et, m'émerveiller sur elle. Car rien, en effet, ne s'est fait tout seul, cela n'est pas possible. Ma raison conforte ma foi, et j'ai soudain la réponse à plusieurs de mes questions. Nous voici revenus à la mystique. Donnons quelques exemples: 

– considérons un père de famille qui aurait des problèmes avec l'un de ses enfants. Il prie beaucoup, et, un jour, il a comme une illumination, et il sait ce qu'il doit faire.

– un chrétien croit avoir des difficultés avec sa foi. Il essaie de faire oraison, de prier beaucoup: c'est très difficile pour lui, mais un jour, sans l'avoir prévu, il comprend mieux les paroles de Jésus et découvre leur signification profonde.

– Voici un jeune prêtre: il ne sais plus quoi enseigner à ses jeunes à qui l'on a tellement dit que la morale était dépassée, qu'ils n'avaient pas besoin d'aller à la messe s'ils n'en avaient pas envie; en un mot, face aux discours d'aujourd'hui, notre jeune prêtre est bien déconcerté. Alors il se met à prier, beaucoup, et il découvre la vérité: il doit revenir à la Loi de Dieu. Il va commencer à la prêcher cette Loi de Dieu, en l'expliquant, en l'adaptant mais sans l'amoindrir. Et voici que, ô surprise, ses paroissiens se rapprochent de Dieu car leur intelligence a été illuminée et ils ont retrouvé l'équilibre intellectuel qu'ils avaient perdu. Tout le monde est concerné par cela…  

Tous les hommes doivent redevenir de vrais mystiques sachant que la prière conduit à Dieu qui fait comprendre que sa Loi est bonheur. Notre société ne retrouvera son équilibre que lorsqu'elle reviendra pleinement à la Loi de Dieu.

Paulette Leblanc – Novembre 2014.

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