Maria Soledad Torres y Acosta
Religieuse, Co-fondatrice, Sainte
(1826-1887)

11

OCTOBRE

Antonia Bibiana Manuela Torres, plus connue sous son nom religieux, Sœur Maria Soledad Torres, naquit à Madrid le 2 décembre 1826. Elle était le deuxième enfant d'une famille qui en comptera cinq. Ses parents, Francisco Torres et Antonia Acosta, étaient de simples artisans, travaillant chez eux près de la Plaza de España. Manuela, éduquée par les Filles de la Charité, visitait souvent les malades de son voisinage.

Encore très jeune, Manuela se sentit appelée à la vie religieuse et demanda à être admise comme sœur converse dans un monastère dominicain proche de chez elle. Mais on la fit attendre car on la trouvait trop jeune et de santé trop fragile…

Quand elle eut 25 ans, en 1851, Manuela eut connaissance des travaux d'un prêtre de paroisse, membre d'un Tiers-Ordre, Miguel Martinez y Sanz, qui cherchait à fonder une communauté de femmes consacrées au soin des malades pauvres. Manuela le rejoignit et s'associa aux sept personnes qui travaillaient déjà avec lui pour soigner des malades à domicile. Le 15 août de la même année 1851, jour de la fête de l'Assomption, elle et six de ses compagnes reçurent un habit religieux. Une communauté nouvelle était fondée, dont la vocation principale était le soin des malades à domicile. Manuela prit le nom de Sœur Maria-Soledad.

En 1855 ou 1856, la communauté dut se scinder en deux groupes. Le premier groupe alla fonder, avec le Père Martinez, une nouvelle communauté à Fernando Po, île située au large de l'Afrique, dans le golfe de Guinée. Les Sœurs du second groupe, restées avec leur supérieure Sœur Maria-Soledad, devinrent “Les Sœurs Servantes de Marie.”

En 1861, la communauté reçut l'approbation du conseil diocésain. Marie-Soledad demeura la supérieure de l'ordre, pendant 35 ans, donnant partout l'exemple de la plus grande charité. Avec ses compagnes, elle secourut son prochain, souvent au péril de sa vie, dans une Espagne troublée par de sanglants conflits politiques et ravagée par le choléra. Nous devons remarquer ici que les Sœurs Servantes de Marie reçurent de leur évêque la charge d'étendre leurs compétences au soin des jeunes délinquants de Madrid.

En 1865, Maria-Soledad travailla activement avec ses sœurs à soigner les victimes de l'épidémie de choléra qui ravageait l'Espagne. C'est alors que leur évêque approuva définitivement leur Congrégation. L'approbation définitive par le pape eut lieu en 1886. Les Sœurs Servantes de Marie croissaient en nombre, et, en 1875, une communauté fut fondée à la Havane, capitale de Cuba.

Le 11 octobre 1887, Sœur Maria-Soledad mourut à Madrid, d'une pneumonie. Elle avait 60 ans. L'institut comptait alors 46 maisons, en Europe et en Amérique latine. Sœur Maria-Soledad fut béatifiée le 5 février 1950 par le pape Pie XII, et canonisée le 25 janvier 1970, par le pape Paul VI qui déclara alors, dans son discours aux archevêques et évêques venus à Rome pour la canonisation: “Manuela ou Maria-Soledad selon qu'on préfère son nom de baptême ou son nom de religieuse, naquit à Madrid et y mourut. Vierge, elle montra dès sa jeunesse une admirable sollicitude pour les pauvres malades, et leur vint en aide avec un oubli d’elle-même continuel, surtout grâce à la Congrégation des Servantes de Marie, dont elle était la fondatrice.”

Paulette Leblanc

 

pour toute suggestion ou demande d'informations