L'HUMILITÉ ET VATICAN II

 

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Aujourd'hui, oser parler de “morale” est une abomination! Pourtant, là où il y a des lois morales, il y a la paix et le bonheur. C'est pourquoi aujourd'hui nous allons méditer sur l'humilité. Mais pour être bien compris, de nombreuses explications sont nécessaires. Ainsi, quand on parle du péché originel on ne parle souvent que de l'orgueil : de l'orgueil de Lucifer et de l'homme tenté par les promesses de l'ange révolté contre Dieu. Mais nous devons savoir que le péché originel est aussi dû au mensonge de Lucifer : “Vous serez comme des dieux!”

Incontestablement, cette phrase montre qu'une partie de ce qui est considéré comme le péché originel, lui est en fait bien postérieur, car, être comme des dieux, montre forcément l'existence de croyances païennes et idolâtres. Et la puissance des idoles est généralement supposée bien supérieure aux forces humaines ; d'où la nécessité de les honorer et de les prier pour qu'elles satisfassent tous nos désirs. Nous nous trouvons en plein dans les péchés de nos sociétés contemporaines qui ont perdu le sens de l'humilité, car, vivant dans la corruption et le désir incontrôlé du pouvoir et de l'argent, elles ne cherchent qu'à se montrer toujours supérieures aux autres. Aujourd'hui Dieu est rejeté, le mot “morale” est devenu une abomination. De plus, l'orgueil lié aux compétences humaines, origine des découvertes de la science moderne, l'orgueil règne partout. On pense même à procéder au remplacement des hommes par des robots fabriqués par des hommes. Il y a même bien pire : le mot grossesse est à supprimer car bientôt… les enfants seront fabriqués dans des machines. Pour les sociétés des hommes d'aujourd'hui, l'orgueil n'est plus un péché, mais une qualité !!! Alors pourquoi parler ici de l'humilité ?

Avant de parler de l'humilité, quelques précisions sont encore nécessaires. On rattache souvent l'humilité à l'humus afin de montrer la petitesse des humbles. D'accord, mais précisons. Qu'est-ce que l'humus? L'humus, qui vient essentiellement de la matière organique en décomposition, est donc principalement composé de débris végétaux et animaux plus ou moins transformés. La définition indique en outre, que l'humus est la partie supérieure du sol. Les jardiniers savent aussi que ce qu'ils appellent l'humus est le plus souvent constitué d'ordures végétales et animales, surtout les excréments. Mais attention ! Si les jardiniers conservent soigneusement cet humus, c'est qu'ils ont l'intention de l'utiliser pour fertiliser les sols qu'ils cultivent. Et les plantes apprécient beaucoup ces matières qui les nourrissent, car, bien qu'elles soient apparemment mortes, elles sont, au contraire pleines de vie. Revenons à l'humilité.

Le mot humilité (du mot latin humilitas dérivé de humus, signifiant “terre”) est généralement considéré comme un trait du caractère d'un individu qui se voit de façon réaliste. Venant du mot “humus”, l'humilité doit donc, en conséquence, être fertile, pleine de vie et enrichissante. Cela est évident chez Jésus-Christ qui se définissait Lui-même comme “doux et humble de cœur”. Tous les saints, même ceux qui eurent à accomplir des missions très complexes, eurent une très grande humilité, car ils savaient que toutes leurs forces venaient de Dieu seul. Ainsi, l'humilité qui ouvre à la vérité, est une vertu très aimée de Dieu.

En conséquence, nous sommes obligés de constater que le péché originel a été comme complété par les conséquences du mensonge de SatanÀ: “Vous serez comme des dieux.” Alors, comment ce “complément” au péché originel a-t-il été commis, et par qui ? Nous devons répondre, par tous les hommes, durant tous les siècles, et particulièrement par nous, hommes du XXIe siècle. En effet, dans nos sociétés modernes, que voyons-nous ? Partout la corruption, l'absence de Dieu qui a été rejeté, l'abolition de la morale et des commandements de Dieu remplacés par la reconnaissance légale de nombreux vices ou crimes, et, par-dessus tout, le désir du pouvoir. Ainsi, des actes criminels comme l'avortement et l'euthanasie sont devenus légaux. L'avortement est même intégralement remboursé par la sécurité sociale !!! Nos dirigeants dictatoriaux s'efforcent de faciliter l'adultère, le divorce et toutes les impuretés liées au sexe. Et nos populations ne sont plus enseignées…

Pourtant, juste avant son Ascension, Jésus avait bien dit à ses apôtres : “Et maintenant, allez ! Enseignez toutes les nations. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.” Mais cela, il ne faut surtout plus le faire et même notre Église n'évangélise plus. Je viens de faire une découverte stupéfiante. Il y a une quinzaine d'années j'avais longuement étudié les textes du Concile Vatican II, et j'avais découvert que bien souvent, pour ne pas dire toujours, on avait imposé aux catholiques le contraire de ce que le concile demandait… et cela “au nom du Concile”. Puis, peu à peu j'ai oublié car il fallait se taire. Et voici que, aujourd'hui, feuilletant des documents, je redécouvre La Constitution Pastorale sur l'Église dans le monde ce temps (Gaudium et Spes).

Voici les références de ce que je vais partager avec vous: Gaudium et Spes, 2e partie intitulée “De quelques problèmes plus urgents” et tout particulièrement les Numéros 47 à 52. On peut y lire, notamment, concernant le mariage et la famille :

 

“1. La santé de la personne et de la société humaine et chrétienne est étroitement liée à la prospérité de la communauté conjugale et familiale…”

Parlant du mariage et de la famille, on lit, au N° 47 § 2 : La dignité de cette institution (du mariage) ne brille pourtant pas partout du même éclat puisqu’elle est ternie par la polygamie, l’épidémie du divorce, l’amour soi-disant libre, ou d’autres déformations. De plus, l’amour conjugal est trop souvent profané par l’égoïsme, l’hédonisme et par des pratiques illicites entravant la génération… 3. C’est pourquoi le Concile… se propose d’éclairer et d’encourager les chrétiens, ainsi que tous ceux qui s’efforcent de sauvegarder et de promouvoir la dignité originelle et la valeur privilégiée et sacrée de l’état de mariage.”

Le N° 48 § 1 précise l'irrévocabilité du lien du mariage : “Car Dieu lui-même est l’auteur du mariage qui possède en propre des valeurs et des fins diverses… L’homme et la femme qui, par l’alliance conjugale ne sont plus deux, mais une seule chair…” Cette union intime… exige l’entière fidélité des époux et requiert leur indissoluble unité… § 2. Le Christ Seigneur… vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement de mariage... pour que les époux… puissent s’aimer dans une fidélité perpétuelle, comme lui-même a aimé l’Église et s’est livré pour elle… § 3. Précédés par l’exemple et la prière commune de leurs parents, les enfants, et même tous ceux qui vivent dans le cercle familial, s’ouvriront ainsi plus facilement à des sentiments d’humanité et trouveront plus aisément le chemin du salut et de la sainteté… 4. Membres vivants de la famille, les enfants concourent, à leur manière, à la sanctification des parents…”

Le numéro 49 met l'accent sur la nécessité des fiançailles chastes. Puis, ce numéro insiste sur la fidélité conjugale qui “exclut donc tout adultère et tout divorce…” et indique “l’égale dignité personnelle qu’il faut reconnaître à la femme et à l’homme dans l’amour plénier qu’ils se portent l’un à l’autre…” Puis, parlant de la famille, cet article 49 dit qu'il “faut instruire à temps les jeunes, et de manière appropriée, de préférence au sein de la famille, sur la dignité de l’amour conjugal, sa fonction, son exercice : ainsi formés à la chasteté, ils pourront le moment venu, s’engager dans le mariage après des fiançailles vécues dans la dignité.”

Le N° 50 aborde le problème de la fécondité du mariage. On peut lire : “§ 1. Le mariage et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation...” Ainsi, § 2. “Dans le devoir qui leur incombe de transmettre la vie et d’être des éducateurs… les époux savent qu’ils sont les coopérateurs de l’amour du Dieu Créateur et comme ses interprètes… Dans leur manière d’agir, que les époux chrétiens sachent bien… que  leur conscience doit se conformer à la loi divine…” Et ce N° 50 conclut par cette phrase : “C’est pourquoi, même si, contrairement au vœu souvent très vif des époux, il n’y a pas d’enfant, le mariagegarde sa valeur et son indissolubilité”.

Le N° 51 parle de l’amour conjugal et du respect de la vie humaine. Le texte du Concile, parlant des difficultés qui peuvent être rencontrées dans un couple, mentionne les risques concernant l'éducation des enfants. Il va même jusqu'à parler d'un meurtre, l'avortement. Nous lisons : § 2. “Il en est qui osent apporter des solutions malhonnêtes à ces problèmes et même qui ne reculent pas devant le meurtre. Mais l’Église rappelle qu’il ne peut y avoir de véritable contradiction entre les lois divines qui régissent la transmission de la vie et celles qui favorisent l’amour conjugal authentique… § 3. La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception: l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables... En ce qui concerne la régulation des naissances, il n’est pas permis aux enfants de l’Église… d’emprunter des voies que le Magistère, dans l’explication de la loi divine, désapprouve…”

Ensuite, dans le N° 52, le Concile parle de la promotion du mariage et de la famille ainsi que de l'importance de l'éducation des jeunes. Il insiste également sur cette promotion de la famille et donne les conseils suivants :

– Concernant le pouvoir civil: “Que le pouvoir civil considère comme un devoir sacré de reconnaître la véritable nature des enfants et des jeunes, de les protéger et de les faire progresser, de défendre la moralité publique... Il faut garantir le droit de procréation des parents et le droit d’élever leurs enfants au sein de la famille...”

– Concernant les chrétiens : “Les chrétiens, devront activement promouvoir les valeurs du mariage et de la famille… Pour y parvenir… la droite conscience morale des hommes, comme la sagesse et la compétence de ceux qui s’appliquent aux sciences sacrées, seront d’un grand secours.”

– Concernant les sciences modernes qui ont une grande importance : “Les spécialistes des sciences, notamment biologiques, médicales, sociales et psychologiques, peuvent beaucoup pour la cause du mariage et de la famille et la paix des consciences si, par l’apport convergent de leurs études, ils s’appliquent à tirer davantage au clair les diverses conditions favorisant une saine régulation de la procréation humaine.”

– Enfin les prêtres qui ont aussi un devoir : § 5. “Il appartient aux prêtres, dûment informés en matière familiale, de soutenir la vocation des époux dans leur vie conjugale et familiale par les divers moyens de la pastorale, par la prédication de la parole divine, par le culte liturgique ou les autres secours spirituels, de les fortifier avec bonté et patience au milieu de leurs difficultés et de les réconforter avec charité pour qu’ils forment des familles vraiment rayonnantes.”

– Gaudium et Spes ajoute que même les œuvres sont concernées : “Des œuvres variées, notamment les associations familiales, s’efforceront par la doctrine et par l’action d’affermir les jeunes gens et les époux, surtout ceux qui sont récemment mariés, et de les former à la vie familiale, sociale et apostolique.”

– Enfin, que les époux eux-mêmes (§ 7) “créés à l’image du Dieu vivant… soient unis dans une même affection… et dans une mutuelle sainteté en sorte que, à la suite du Christ, principe de vie, ils deviennent, à travers les joies et les sacrifices de leur vocation… les témoins de ce mystère de charité que le Seigneur a révélé au monde par sa mort et sa résurrection.”

 

Mes amis, je n'ai rien à ajouter ; je vous laisse méditer…

Paulette Leblanc

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