ENCORE LA MISÉRICORDE !

Mes chers amis, actuellement l'amertume nous étreint de plus en plus souvent; on pourrait même dire qu'elle revient sans cesse, comme un fleuve qui déborde. La cause? Le fait que pendant tant d'années, en France particulièrement, on a fait taire, et cela sans ménagement, ceux qui n'étaient pas d'accord avec les décisions prises en haut lieu? Et cela continue… Sur le plan religieux, lorsque nous entendons un pape dire qu'il serait urgent d'appliquer le Concile Vatican II, certaines personnes s'effraient. Pourtant, ceux qui connaissent les vrais textes de ce Concile sont d'accord, car ils pensent immédiatement au Concile de Trente, de 1563, qui ne fut appliqué que 50 ans après sa publication. Revivrions-nous les mêmes choses, ce Concile de Trente n'ayant pas plu au clergé d'alors? Oui, car au nom du Concile Vatican II, que si peu de gens avaient lu, certaines autorités ont donné aux fidèles des consignes et des orientations néfastes pour la foi, faisant ainsi exactement le contraire de ce que le Concile demandait. Pourtant, il y avait des gens qui voyaient clair et qui s'étonnaient… Mais on a fait taire ces gens! Aujourd'hui on voit les résultats...

Je reviens sur ces choses parce que, fréquentant les personnes âgées, je constate parfois des choses atroces. Ces personnes âgées placées dans les maisons de retraite ne sont, généralement, pas loin de la mort; or, quand on leur dit: "Tout de même, vous devriez penser un peu à votre mort et vous y préparer; c'est une chose importante à laquelle il faut penser," à chaque fois, après une petite discussion exprimant des doutes, une étrange conclusion survient: "Oh! Quand cela viendra, on verra bien!" Point final.

Comment comprendre une telle attitude? La plupart de ces personnes âgées ont été élevées chrétiennement. Aujourd'hui, il ne reste rien en elles. Et dans nos paroisses, certains prêtres continuent à nier le péché, notamment dans leurs homélies durant lesquelles ils remplacent le mot "péché" par "erreur". Car pour eux, le péché n'existe pas, nous ne commettons que des erreurs. D'ailleurs, Dieu est si miséricordieux qu'Il nous pardonnera... Alors, pour les fidèles, une conclusion s'impose vite: pourquoi se donner du mal? Puisque Dieu est miséricordieux, il nous pardonnera nos erreurs. Ainsi, le véritable amour de Dieu pour nous étant occulté, on peut se demander à quoi a servi la Passion de Jésus, et même si elle a eu vraiment lieu… Curieusement, nous pensons au pari de Pascal. En effet, Blaise Pascal s'adressant aux athées, estime qu'il vaut mieux choisir Dieu que le néant… Voici un petit extrait de ce qu'écrivit Pascal dans ses Pensées, lorsqu'il proposa aux athées le pari suivant: "Examinons donc ce point, et disons: Dieu est, ou il n'est pas... Que gagerez-vous?... Il faut parier, cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué... Vous avez deux choses à perdre: le vrai et le bien, et deux choses à engager: votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir: l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude? Pesons le gain et la perte… Estimons ces deux cas: si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc que Dieu est, sans hésiter." (Pensée 233, de Blaise Pascal)

Mes amis, vous savez comme moi qu'il n'y a pas que les problèmes des personnes âgées. Vous comme moi sommes de plus en plus épouvantés quand nous voyons les résultats de tous les laxismes que nous avons dû subir. En effet, outre les suicides des jeunes, nous constatons que de plus en plus de jeunes adultes, d'environ trente cinq à quarante cinq ans, ont des problèmes psychologiques. Ainsi, nombreux sont ceux, parmi ces jeunes adultes, qui sont des fils (ou des filles) uniques. Pendant leur enfance et leur jeunesse, ces enfants uniques n'ont eu à s'occuper que d'eux. Ils n'avaient personne pour jouer avec eux, ou rendre service, ou même pour se disputer. Quant à leurs parents qui travaillaient, ils n'avaient que très peu de temps pour former et éduquer leurs enfants laissés le plus souvent à eux-mêmes. Et quand les parents étaient présents à la maison, ils ne devaient pas contrarier leur enfant, leur enfant-roi. Et les parents cédaient tous les caprices de leurs petits…  Ayant pris de l'âge, ces jeunes se sont de plus en plus renfermés sur eux-mêmes. Eux seuls existaient...

Puis soudain, alors qu'ils se croyaient seuls au monde et que tout leur était dû, ils ont dû travailler, c'est-à-dire entrer dans la société et découvrir que d'autres existaient aussi. De plus, les exigences du travail les révoltèrent. Par ailleurs, "les autres" que ces jeunes adultes découvraient, avaient aussi, comme eux, les mêmes droits. En effet, si moi j'ai des droits, les autres en ont aussi, ce qui signifie, que j'ai des devoirs. Car lorsque l'on a des droits, on a aussi des devoirs. Catastrophe! Comme ces jeunes adultes n'avaient aucune connaissance, ni de Dieu, ni de leur prochain, ils ne comprenaient pas ce qui leur arrivait, et beaucoup tombèrent malades, psychologiquement. Et beaucoup le sont toujours.

Découvrir la vérité de la vie en société et ses contraintes est toujours très douloureux pour ceux qui ne sont pas préparés à cette réalité. De très grandes révoltes se manifestent, et pour les apaiser, il faut parler enfin de Dieu et surtout de sa Miséricorde liée à une conversion. Je m'explique: oui, Dieu est plein de miséricorde, et Il pardonnera nos péchés. D'ailleurs Il nous a déjà pardonnés, et nous sommes déjà des pécheurs pardonnés... Ces semi-vérités peuvent apaiser momentanément, mais elles ne guérissent pas, car la Miséricorde de Dieu exige aussi une vraie conversion, un véritable regret de ses péchés. De plus, un autre problème subsiste: chez nos jeunes adultes, très souvent, il n'y a plus de désir. D'ailleurs, comment auraient-ils des désirs puisqu'ils ont déjà tout? Mais le plus grave, c'est qu'ils n'ont plus envie de rien.

Nous abordons ici une question particulièrement grave: comment ces jeunes hommes intelligents peuvent-ils n'avoir envie de rien d'autre que de mourir? Lorsqu'on les interroge, leurs réponses sont terrifiantes. Voici quelques exemples des réponses obtenues dites par ces jeunes adultes: "La vie est tellement ennuyeuse… Moi, je n'aime pas la vie et je maudis ceux qui me l'ont donnée… Pourquoi faut-il vivre? Cela ne sert à rien. Je voudrais mourir vite et ne plus m'ennuyer. Moi, je ne donnerai la vie à personne: c'est une mauvaise action. Et puis, je suis tellement fatigué de vivre!!!" Arrive ensuite une longue litanie sur le désir de la mort, sur la haine des parents, sur l'ennui qui règne lorsqu'on est obligé de vivre, sur sa détresse et ses angoisses.

Lorsque des personnes très âgées et qui aiment la vie, entendent ces choses, elles sont d'abord déconcertées; puis elles cherchent à montrer que Dieu existe et que c'est Lui qui nous a créés pour que nous soyons heureux. Car Dieu ne veut que le bonheur des hommes, ses chères créatures. Mais les jeunes adultes entendent mal ce langage, et s'ils l'entendent, s'ils vont d'abord un peu à Dieu, ils ont vite fait de s'en détourner, car, vivre avec Dieu, cela demande toujours des efforts, et l'effort a totalement disparu de nos sociétés matérialistes. Devant ces rappels atroces de notre société sans Dieu, sans devoir, sans prochain à servir, sans utilité, sans amour, sans amour de la vie, nous sommes comme paralysés. Que faire pour réparer les erreurs que les occidentaux vivent depuis tant d'années? Voici que je me souviens de quelques phrases du psaume 9 B, versets 1 à 4  "Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin? Pourquoi te cacher aux jours d'angoisse? L'impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux: ils se font prendre aux ruses qu'il invente. L'impie se glorifie du désir de son âme, l'arrogant blasphème, il brave le Seigneur; plein de suffisance, l'impie ne cherche plus: 'Dieu n'est rien!', voilà toute sa ruse."

Oui, aujourd'hui Dieu semble bien loin… Beaucoup de nos contemporains vivent dans l'angoisse… L'orgueil de Satan sème le malheur dans notre monde; les idées impies ont remplacé l'amour, les blasphèmes se multiplient, et l'athéisme, source de tant de malheurs, règne sur le monde…

Alors? Que faire? Oui, nous croyons en Dieu et en sa miséricorde; nous croyons aussi que Dieu nous aime et qu'Il veut que nous L'aimions. Oui, nous sommes libres, mais libres d'être heureux, donc d'aimer et de suivre les béatitudes que Jésus nous a données. Dieu nous veut dans le bonheur, c'est-à-dire dans son Amour. Mais comment le crier, comment le faire comprendre à nos contemporains si malheureux? Nous nous tournons vers les grands missionnaires comme Louis-Marie Grignion de Montfort, ou Jean Eudes et d'autres, pour qu'ils reviennent prêcher des missions pleines de feu dans nos pays désolés car sans Dieu.

Mes chers amis, croyons à la Miséricorde de Dieu qui sauve ses enfants et prions pour que Jésus revienne vite. Car c'est bien la volonté de Jésus- Parole de Dieu d'être connu et aimé. Prions pour que le Seigneur se hâte... Certes, nous savons bien que notre temps et le temps de Dieu sont très différents; mais nous savons aussi que Jésus a vécu dans notre monde. Il sait donc ce que c'est que l'attente, surtout quand il s'agit du salut du monde. Prions pour que le Seigneur envoie de vrais missionnaires, des âmes de feu qui crieront son amour à tous les hommes. Prions pour que le Seigneur nous envoie des âmes qui L'aiment à la folie, et qui, en conséquence, aimant leurs frères, ne veulent que leur bonheur, c'est-à-dire qu'ils connaissent et aiment Dieu avant toute autre chose quand ils L'auront enfin découvert. Oui aimer Dieu et se laisser aimer par Lui, c'est le plus grand de tous les bonheurs? Seigneur vos enfants ne Vous connaissent plus et ils sont tellement malheureux... Nous Vous prions, vite, faites quelque chose!

Mes chers amis, nous qui aimons le Seigneur, nous voudrions que le monde entier L'aime. Mais nous ne savons pas quoi faire pour cela... Nous nous  sentons si petits, si nuls, si incapables…  De plus, nous avons aussi un gros défaut, car, souvent, nous n'osons pas dire la vérité de Dieu. Malheureux respect humain! Pourtant, respecter les autres et leurs cultures, même quand elles sont anti-chrétiennes, c'est peut-être bien, mais est-ce vraiment la volonté du Seigneur qui nous a demandé, juste avant son ascension: "Maintenant allez! Enseignez toutes les nations! Baptisez-les, au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit!"

Aujourd'hui, les pauvres enfants de Dieu sont malheureux parce qu'ils ne peuvent pas revenir à Lui car ils ne Le connaissent pas. En effet, comment aimer ce que l'on ne connaît pas? Alors demandons au Seigneur de faire vite quelque chose, pour que ses enfants reviennent à Lui, pour que ses petits hommes qui ne vont plus vers Lui car des voix malsaines étouffent en eux la voix de Dieu, Le découvrent enfin. Jésus fait souvent comprendre à ses mystiques que sa douleur, aujourd'hui et particulièrement dans ses tabernacles délaissés, est immense. Alors, nous pleurons parce que les hommes ne connaissent plus le Seigneur, et ne Le connaissant pas, sont très malheureux. Or Dieu étant tout puissant, toute Miséricorde, son apparent silence n'avait qu'un but: nous faire comprendre que les hommes ont été trompés par le menteur. Et que, créés à l'image de Dieu, ils ne peuvent pas vivre sans Dieu, sans Dieu donc sans sa Loi d'amour.

Paulette Leblanc

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