Charles Steeb
Prêtre, Fondateur, Bienheureux
1773-1856

15

DÉCEMBRE

Karl Steeb, ou Charles Steeb naquit le 18 décembre 1773, dans une famille protestante luthérienne, en Allemagne, à Tubingen, dans le Bade-Wurtemberg. Son père était un homme d'affaires important qui administrait les biens du duc de Wurtemberg. Lorsque Karl eut 10 ans, son père l'envoya, pendant un an, à Paris qui était alors en pleine effervescence pré-révolutionnaire. Ensuite le jeune homme fut envoyé à Vérone, ville italienne de la Vénétie, pour y faire ses études universitaires, et apprendre l'italien et les pratiques commerciales. 

Karl qui était un jeune homme studieux et très mûr pour son âge, fut très vite fasciné, non seulement par la vitalité culturelle de Vérone, mais surtout par l'ambiance catholique qui y régnait, ce qui l'interrogeait beaucoup. Aussi fréquenta-t-il des prêtres et bientôt, Karl chercha à devenir catholique malgré l'opposition de sa famille. Son père alla même jusqu'à le déshériter. Mais Karl tint bon dans sa décision, et il devint  catholique en septembre 1792. Au bout de quatre ans, il sera ordonné prêtre. Nous sommes en 1796.

En 1796 et 1797, Vérone vivait alors l'époque des conquêtes napoléoniennes et de la guerre avec l'Autriche. En 1797, après une révolte anti-française, la Vénétie, donc Vérone, disputée entre Autrichiens et Français  passera officiellement aux Habsbourg, lors du Congrès de Vienne de 1815. Pendant cette difficile période de guerre, Karl, jeune prêtre, fut aumônier et infirmier dans des hôpitaux militaires et des infirmeries de campagne. Il soulageait les âmes, et soignait les corps sur les champs de bataille. Cela dura 18 ans, jusqu'au retour de la paix entre la France et l'Autriche, grâce au Congrès de Vienne de 1815.

Quand la paix fut enfin revenue, Karl redoubla d'activité. Il participa avec ardeur à l'œuvre de Pietro Leonardi qui avait fondé, en 1796, une fraternité hospitalière de prêtres et de laïcs destinée à venir en aide aux pauvres et aux délaissés. Karl enseignait aussi; il confessait et dirigeait spirituellement tous ceux qui s'adressaient à lui, et ils étaient nombreux. Par ailleurs, Karl travailla efficacement au retour des congrégations religieuses qui avaient été chassées lors de la Révolution française. C'est alors que, vers 1836, il fut malade du typhus, et, croyant mourir, il rédigea son testament. Mais le Seigneur voulait que Karl, son enfant continue sa tâche… Et le  Père Bertolini, son directeur spirituel, lui fit comprendre que heure n'était pas encore arrivée, car le Seigneur avait d'autres œuvres à lui confier. 

Karl Steeb poursuivit donc, à Vérone, sa carrière ecclésiastique essentiellement tournée vers la direction spirituelle et la confession, ainsi que le secours aux malades. Enfin, avec une de ses dirigées, Luigia Poloni, qui deviendra Mère Vincenza, il fonda, en 1840, "les Sœurs de la Miséricorde de Vérone", congrégation destinée à se consacrer aux personnes affrontées à des situations particulièrement difficiles. Sur le plan financier, l'œuvre ne rencontra pas de problème, car après la mort de sa sœur Wilhelmine, Karl, déshérité par son père, héritera cependant des biens familiaux. Notons également, qu'en raison de ses origines luthériennes, Karl encourageait vivement ceux qui cherchaient à établir un dialogue entre les frères chrétiens séparés. 

Karl Steeb mourut, à Vérone le 15 décembre 1856. Déclaré vénérable le 19 novembre 1970, il fut béatifié par Paul VI à Rome, le 6 juillet 1975.
Sa fête est le 15 décembre.

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Voici un petit extrait de l'homélie que Paul VI prononça lors de la cérémonie de béatification:  "Karl Steeb n’était pas un homme de nombreuses paroles mais de nombreuses œuvres; un homme à la sensibilité profonde et contenue; homme également d’une très grande fermeté dans ses projets. Sa forte psychologie nordique trouva un accueil humain et chrétien dans l’aimable tempérament local (de Vérone). Rien ne fit obstacle au mûrissement de sa vocation sacerdotale, déjà contenue dans sa première et radicale oblation à la vérité, à l’Évangile, au Christ-Maître, à l’Eglise, famille des croyants fidèles: il se fit aussitôt prêtre." 

Puis, voulant faire remarquer combien les saints et les bienheureux nous sont utiles, le pape ajouta: "Charles Steeb est dans le Christ, au ciel, bienheureux; et sa béatitude se communique dans une certaine mesure, à nous, à l’Église de Vérone, à l’Église d’Allemagne et à toute l’Église encore pèlerine sur la terre", car en effet, poursuit Paul VI, "ces élus sont les gradins de l’échelle qui s’élève vers le Christ et vers Dieu; et dont nous ne désespérons pas de pouvoir, à leur niveau humain, nous servir, nous aussi, dans une certaine mesure. Charles Steeb — insista encore le Souverain Pontife — est une figure qui mérite d’être connue, tant dans les aspects privés de sa vie que dans ses aspects communs."

Paulette Leblanc

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