“L'AMOUR NE PEUT ÊTRE QUE DOULEUR”

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Mes amis très chers, ce matin, si vous le voulez bien, je vais m'adresser à vous tous sous la forme d'une méditation qui se terminera peut-être en chant d'amour, comme celui que je vous ai envoyé hier, et que j'avais envoyé au Père Vital il y a plus de dix ans.

Si je vous avoue cela c'est que je vais vous dire des choses qui vous iront au fond du cœur. Que mes paroles soient seulement pour vous un baume de douceur, le parfum qui descend de la barbe d'Aaron.

Je commence à bien vous connaître, mais seulement intérieurement, car, par discrétion, je ne pose jamais de questions qui seraient pour vous très douloureuses. Car, mes amis, vous êtes tous très douloureux. La douleur qui est vôtre transpire par tous vos pores spirituels, plus ou moins selon vos tempéraments, mais inexorablement. Je vous comprends d'autant mieux que je suis à placer dans le même sac...

Mes amis si chers, nos âmes pleurent à cause de notre Église que nous aimons tellement car elle est l'Église du Christ. Les circonstances, toutes différentes, dans lesquelles nous avons été placés après le Concile, nous ont plus ou moins broyés, tous, et cela à cause de certains responsables de l'Église elle-même. Je ne les juge pas, je ne leur jette pas la pierre, car il me semble que la plupart ont été sincères, qu'ils ont cru bien faire ; ils se sont trompés, cela c'est une certitude quand on voit l'état de l'Église européenne aujourd'hui. Jésus nous avait avertis : “Comme ils m'ont persécutés, ils vous persécuteront.” Il avait dit aussi : “Le père combattra le fils, le fils le père, la mère la fille, etc. ...” Ce n'est pas littéral, mais vous comprenez.

Notre souffrance est si grande et nous a tellement broyés que ce sont ceux que nous aimons le plus qui, sans certainement l'avoir voulu, en ont été les artisans. Je n'insiste pas.

Alors, mes amis, c'est par ces souffrances que le Seigneur nous purifiait et nous préparait, doucement, sans rien nous dire, car Dieu est infiniment discret quand il prépare son œuvre, c'est par toutes nos interrogations que le Seigneur nous préparait au travail qu'Il nous confie aujourd'hui pour la Nouvelle évangélisation et la possibilité d'inciter les âmes à revenir à Dieu par la prière, l'exemple des saints, notre travail acharné, nos prières et les homélies dominicales ou quotidiennes. Mes amis, notre souffrance est toujours vive, et chaque fois que nous croyons en être venus à bout, un événement inattendu vient la raviver. Cela, c'est la Croix de Jésus, la Croix de son Corps mystique qui sera dressée sur le monde jusqu'à la fin des temps. Vous n'imaginez pas à quel point je comprends les réactions de B., l'excès de travail d'Alphonse, la trop grande discrétion des Pères A. et V. Mais si nos réactions humaines se terminent par un hymne d'amour, alors, bienheureuses souffrances qui nous ont fait connaître un tel Rédempteur... Un Rédempteur qui nous pardonne tous nos péchés, toutes nos misères, toutes nos déficiences. Un Rédempteur qui nous aime à la folie, et qui permet que, parfois, notre amour pour Lui se change en souffrance, car, comme disait Padre Pio : “L'amour ne peut être que douleur.”

Ne m'en veuillez pas pour ce si long message : c'est que je vous aime tous, et que je vous comprends au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

Surtout, continuons à prier et à travailler. Et à nous aimer ...

Très amicalement.

Paulette LEBLANC
Message du 30 juillet 2008

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